
En tant que prestataire de soins primaires, vous êtes souvent la première référence pour les personnes adolescentes trans ou issues de la diversité de genre (TDG) et leur famille lorsqu’elles ont des questions sur l’identité et la santé.
Toutefois, bien des prestataires estiment qu’ils ne sont pas suffisamment outillés pour avoir ce genre de conversation. La Société canadienne de pédiatrie (2023) note que les prestataires « ne possèdent pas les connaissances, la formation, ni l’aisance pour s’occuper de cette population ». Cette situation a un impact direct sur les personnes adolescentes. Selon Trans PULSE Canada (2021), 77 % des jeunes TDG ont déclaré avoir un prestataire de soins primaires, mais près de la moitié (47 %) ont signalé avoir eu au moins un besoin non satisfait en matière de soins de santé au cours de l’année précédente.
Pour certaines personnes adolescentes TDG, les soins affirmatifs comprennent des options médicales telles que la suppression de la puberté. Le développement des compétences dans ce domaine est essentiel pour pallier le manque de connaissances et fournir des soins équitables et affirmatifs.
Que sont les bloqueurs de puberté?
Les bloqueurs de puberté – ou analogues de l’hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires, également connue sous l’acronyme anglais GnRH –, sont des médicaments qui entraînent une interruption temporaire des changements physiques associés à la puberté. Malgré les fausses informations véhiculées par des groupes idéologiques, il s’agit d’un traitement standard dont le profil de sécurité est bien établi et qui est utilisé depuis des décennies pour les enfants cisgenres présentant une puberté précoce.
Pour les personnes adolescentes cisgenres et transgenres, l’objectif est le même : retarder l’apparition de changements physiologiques angoissants et permanents. Cela permet à la jeune personne concernée de grandir d’une manière qui reflète le mieux sa propre perception d’elle-même.
Pourquoi est-ce important?
Pour une jeune personne éprouvant un sentiment d’incongruence de genre, le principal avantage de ce traitement est le temps qu’il leur accorde. La suppression de la puberté leur donne ainsi la possibilité de mieux comprendre leur identité, d’explorer des formes authentiques d’expression de genre, et d’envisager les options de soins futurs de manière prudente et informée, et ce, sans la crainte de subir des changements physiques permanents et non désirés.
Les recherches montrent que les jeunes personnes TDG présentent des risques élevés de dépression, d’anxiété, de troubles alimentaires, d’automutilation et de suicide. Les soins affirmatifs, y compris la suppression de la puberté, contribuent à atténuer ces risques (Société canadienne de pédiatrie, 2023).
Objectifs de la suppression de la puberté
Cette intervention vise à procurer du temps, de la clarté et du soulagement. Ses objectifs sont les suivants :
- Donner le temps à la personne d’explorer son identité;
- Atténuer la dysphorie de genre;
- Permettre une transition sociale authentique (p. ex. changer de nom, de pronoms, de vêtements et de cheveux);
- Réduire la nécessité de futures interventions chirurgicales (p. ex. prévenir le développement des seins peut éliminer la nécessité d’une chirurgie du haut plus tard);
- Permettre des doses plus faibles et plus sûres d’hormones plus tard, si un tel traitement est envisagé.
Afin de permettre aux prestataires de soins primaires de l’Ontario d’acquérir les compétences et les connaissances nécessaires en la matière, le cours « Puberty Suppression for Trans Youth in Primary Health Care » sera offert le 26 février 2026. Cette session préparera les personnes participantes à initier un protocole de suppression de la puberté auprès de jeunes TDG et à en assurer le suivi. Inscrivez-vous dès maintenant pour réserver votre place et améliorer votre capacité à fournir ces soins essentiels. Veuillez noter que le cours aura lieu en anglais.
Caractéristiques principales de la suppression de la puberté
Réversible : Les effets de la suppression de la puberté ne sont pas permanents. Lorsque le traitement est interrompu ou arrêté, la puberté reprend son cours;
Utilisation éprouvée : Il ne s’agit pas d’un nouveau traitement. Les analogues de la GnRH sont administrés en toute sécurité aux enfants cisgenres présentant une puberté précoce depuis les années 1980, et aux jeunes TDG depuis les années 1990;
Santé mentale : La recherche a confirmé maintes fois le lien entre l’accès à la suppression de la puberté et l’amélioration du bien-être, ainsi que la réduction de l’anxiété, de la dépression et de l’automutilation;
Consentement éclairé : Le processus exige que la jeune personne ait commencé sa puberté et puisse démontrer qu’elle comprend le traitement, dont ses avantages et ses limites. Cela représente l’approche standard en Ontario, y compris pour les personnes mineures.
Ressources additionnelles
- Trans 101 – Children and Adolescents [cours]
- Standards of Care for the Health of Transgender and Gender Diverse People, Version 8, WPATH
- WPATH and USPATH Comment on the CASS Review
- Une approche d’affirmation pour les soins aux jeunes transgenres et de diverses identités de genre, Société canadienne de pédiatrie
- Kids Deserve a New Gender Paradigm par Kai Cheng Thom
