
À l’occasion du 150e anniversaire de la signature du Traité n° 6, la Nation crie de Saddle Lake a annoncé son intention de faire de ses terres et territoires un lieu de refuge pour les soins d’affirmation de genre, ce qui constitue une affirmation historique de la compétence des peuples autochtones en matière de santé et crée un précédent à l’échelle nationale.
Cette initiative est une réponse directe aux projets de loi 26, 27 et 29 de l’Alberta, qui imposent des restrictions drastiques aux jeunes trans et à leurs familles, notamment en ce qui concerne les soins médicaux, les changements de nom et de pronoms, et la participation aux activités sportives. Le recours du gouvernement provincial à la clause dérogatoire protège ces mesures législatives contre toute contestation fondée sur la Charte, laissant ainsi aux jeunes trans très peu de recours pour faire valoir leurs droits.
La Nation crie de Saddle Lake élabore actuellement une loi sur la santé qui lui permettra d’encadrer les soins prodigués sur son territoire. Elle ouvre également ses portes aux cliniciennes et aux cliniciens formés au Canada afin qu’ils puissent y offrir des soins d’affirmation de genre, des soins primaires et des soins spécialisés.
« À l’époque où on nous arrachait à nos parents et où on subissait un génocide dans les pensionnats autochtones, nous nous demandions : “Qui va nous venir en aide?” », a déclaré l’Okimawskwew Dale Steinhauer, chef de la communauté. « Aujourd’hui, nous sommes en mesure d’apporter une aide. Aujourd’hui, nous mobilisons notre soutien et notre pouvoir souverain autochtone pour faire barrage à ces lois déshumanisantes. »
Le Dr James Makokis, médecin de famille nehiyô et bispirituel, a présenté l’action de la nation comme l’exercice d’un droit issu de traités et l’accomplissement d’une obligation morale. « La Nation crie de Saddle Lake dénonce fermement ces attaques contre la diversité de genre et s’engage à garantir que les soins de santé favorisant la vie demeurent accessibles, sûrs et libres de toute ingérence politique extérieure », a-t-il déclaré.
Pour les prestataires de soins de santé de l’Ontario et d’ailleurs, cette initiative illustre clairement comment l’exercice de la souveraineté autochtone peut contribuer à garantir l’accès aux soins.
